Quand les "anges" sont tués à Paris...

Tout le monde veut visiter Paris. Parce qu’on n’y mourrait pas sous les bombes, les tirs de drones, les explosions de kamikazes. On l’aimait pour ses avenues enchanteresses, ses boîtes de nuit colorées, ses lingeries, sa cuisine, la sécurité de ses lieux publics en perpétuelle

surveillance. Paris, c’était presque le paradis pour les fêtards noctambules ou les supporters des bleus surtout après une victoire au stade de Saint Dénis. C’était presque le parfait vendredi soir, ce 13 novembre 2015, jusqu’à ce film des fous d’un soir. Une soirée apocalyptique, incompréhensible, Paris en guerre, Paris en sang, Paris en larmes. Horrible, brutal, démentiel, le bilan affole les statistiques, 18 morts, 80, 128... Aux dernières nouvelles le décompte macabre affiche les 132 tués, sans compter les nombreux blessés plongés dans l’incertitude et l’angoisse. L’étonnement du Pape François résume à lui seul toute la problématique ; le prélat ne comprend pas que tout ça soit l’œuvre des hommes. Certainement qu’il ne pensait pas qu’à l’effroi d’un soir à Paris mais à toutes les autres barbaries quotidiennes sur la planète terre où vivent les hommes.
Il paraît que les fous de Paris criaient : "Allah Akbar". Un peu comme Messi faisant le signe de la croix après un coup de patte de génie lors d’un match de football. Les tueurs de Paris sont des "anges" pour tous ceux dont ils prétendent cristalliser les frustrations. Les anonymes tués au Bataclan également sont des innocents honorés dans toutes les églises et les lieux de prières de part le monde ; des anges eux aussi morts par la bêtise. Un jeu de comparaison qui ne manque pas de heurter de nombreuses sensibilités qui pensent que face à un attentat, tout ce qui compte c’est le recueillement et la condamnation. Le problème, c’est que les nombreuses messes et célébrations organisées après la tuerie à Charlie Hebdo et d’autres attentats en France et dans tout l’occident n’ont pas permis de conjurer les actes désespérés. Au contraire, l’ignominie franchit de nouvelles dimensions au fil des jours.
À peine croyable qu’au siècle de l’Internet, de la globalisation, des progrès technologiques et de la perfection, la barbarie puisse atteindre des proportions inimaginables. Revient encore l’étonnement du Pape, révélateur de l’absence de parade efficace à l’autodestruction de l’humanité. Les postures martiales, les expéditions punitives, les stratégies et autres manuels antiterroristes ne semblent pas être en mesure d’endiguer la tragédie. Ce n’est pas normal qu’on puisse mourir aussi lâchement dans une boîte de nuit, autour d’un stade, dans une ville comme Paris. Un mort pour l’intolérance est un mort de trop. Face donc à l’enlisement des approches militaro-sécuritaires, le Pape pose la dimension de l’homme. Comment faire pour que les "anges" des uns et ceux des autres puissent vivre ensemble sur cette terre au nom de la civilisation des hommes ? A peine une interpellation à l’industrie de la guerre qui fait des ravages sur son passage.
Les propriétaires, fabricants et utilisateurs d’engins de la mort sont connus ; les véritables semeurs de haine partout dans le monde. L’industrie militaire leur doit son essor fantastique. À peine s’ils se rendent compte que leur business entretient les rancœurs, les envies de vengeance, les désirs de tuer ou de mourir en kamikazes. Sans faire le procès des tueries en Irak, en Syrie, en Libye et ailleurs, on pourrait demander aux chefs de guerres occidentaux qui envoient des drones sur des femmes lors de mariage au Pakistan ou qui déchargent des bombes sur des hôpitaux en Irak de marquer une pause. Peut-être que la baisse du nombre d’enfants tués en Palestine, d’opposants bombardés au Kurdistan, de migrants refoulés en Europe pourrait rendre plus sûrs Paris, Londres, Bruxelles, Washington et autres. Pourquoi ne pas demander à Hollande, Obama, Ban Ki Moon d’arrêter toutes les guerres qu’ils ont déclenchées dans le monde pendant quelques mois ? Juste une expérience pour voir si cela sauverait les "anges" de tous les camps.
Des anges vivants, c’est possible...

Arimi Choubadé

 

Vidéo du jour

Plus d'Infos

Révision de la Constitution: « transmission du projet dans quelques jours » au Parlement

Révision de la ...

Lors de sa rencontre avec les têtes cour...

BENIN: Lutte contre la vente des faux médicaments,Sogéma soutient le gouvernement

BENIN: Lutte co...

La Société générale des marchés auton...

La voie de Vodjè  bloquée par des milliers casiers de bière

La voie de Vodj...

Des milliers de bouteilles remplies de ...

Rencontre avec les chefs traditionnels : voici le message du chef de l’Etat face aux difficultés de la population

Rencontre avec ...

Au cours de la rencontre à cœur ouver...

Nos Articles

Ebola : l’irresponsabilité des dirigeants africains

Ebola : l’irres...

      L’Organisation Mondiale de la S...

Bénin : de la fonction présidentielle infantilisée

Bénin : de la f...

Le blogueur béninois Jules Djossou Bonou...

Duel entre Yayi Boni et le Bénin

Duel entre Yayi...

La farce commence à ne plus être drôle. ...

Burkina, Bénin: Prémices du printemps africain...

Burkina, Bénin:...

      Le Burkina Faso a donné ce mard...