Qui a pensé au coût économique des échecs scolaires ?

Applaudissements, félicitations, certains citoyens saluent avec enthousiasme l’échec massif de nos enfants au CEP ou BEPC. Il manquait un peu qu’ils sortent des fanfares, les tambours, les trompettes pour des réjouissances populaires au nom de l’échec. Ils hésitent à ériger un monument pour immortaliser la réussite par l’échec. Pourtant, il faut analyser les résultats avec recul. Les résultats sont la matérialisation d'un déclin progressif du système éducatif. Les analyses doivent être faites à chaque échelon, les écoliers, les enseignants et le système dans son ensemble...

 

Dans certains pays le taux d’échec au primaire est quasiment nul. Pour la simple raison que si un enfant ne réussit pas, c’est avant tout la faute au système éducatif. Mais dans ces systèmes, les enseignants ont Bac+4 et un système de formation continue fonctionnelle ; les infrastructures existent (salle de classe, bibliothèque, terrain de jeu etc…) et parfois même des réfectoires pour les quartiers défavorisés. Commençons d’abord à créer les conditions de réussite avant d’exiger des résultats des enseignants et des écoliers. Avec des classes pléthoriques ou jumelées, les 30% sont déjà une prouesse.

Au niveau des parents, l’envoi des enfants prématurément au primaire à trois ou quatre ans, devrait être mieux cadré. A cet âge, l’enfant n’a pas la maturité physiologique et neurologique pour commencer les cours d’initiation. On précipite des bébés sur les bancs de l’école et dès la garderie ou la maternelle, on leur prend un répétiteur ou un maître d’étude. Déjà au primaire, il leur faut, un professeur d’étude ; au secondaire, un professeur d’université ; à l’université, un prix Nobel. Et c’est comme on forme la nouvelle génération, des enfants sans aucune autonomie, une formation artificielle qui tôt ou tard se bute à la réalité.

Seulement, tout changement doit se faire par étapes. Toute rupture violente ou radicale avec des états de fait peut avoir des résultats contraires à ceux à quoi on s'attendait. Les conséquences des faibles taux de réussite seront perceptibles dès la rentrée prochaine en termes de disponibilité des classes, de mobiliers, d'enseignants etc.…Comment gérer les écoliers recalés ? Avec quels enseignants ? Entre le système de rachat de la refondation et le non rachat de la rupture, il fallait un bon dosage, une transition. Parce que personne n'a calculé les coûts économiques de ces échecs. Personne n’a pensé que la moitié de ces recalés ne retournera pas à l’école à la rentrée. Pour sortir notre pays du pétrin dans tous les domaines, il faudrait un bon dosage de rupture et de continuité. Quand le désert de compétence touche les jeunes, la rupture, doit impérativement changer le nouveau « programme » en nouveau « départ ».

JDB

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