Voici les conséquences de la nouvelle dévaluation du franc CFA qui se profile à l'horizon

 La dévaluation du Franc CFA par rapport à l'euro profile à l'horizon selon certaines banques au Bénin.  Selon les mêmes sources l’aboutissement logique d’une longue série de déconvenues expliquerait ces approche de solution. Cette opération,

serait réclamée par les autorités financières internationales, FMI et Banque mondiale en tête dans l'objectifs « d'améliorer la compétitivité globale des économies en question par la modification des prix relatifs, le changement de la structure de l'offre et de la demande et le rétablissement des grands équilibres, à savoir la réduction du déficit budgétaire et de celui de la balance des paiements. » 

Pour plusieurs observateurs,  cette dévaluation pourrait être plutôt dû à la difficulté économique de la France. Or le franc CFA est arrimé au franc français qui appartient à l'Euro. Et par conséquence cette dévaluation contribuerait à améliorer l'économie française.

Quelles en seront les conséquences pour la zone CFA ?

Les effets à court et à moyen termes de cette dévaluation sur les économies des États concernés seront  variables.

L'amélioration de la compétitivité se  détériorera rapidement l'année suivant la dévaluation dans tous les pays alors que cette sonne monétaire observe depuis quelque année une croissance budgétaire supérieure à l'ensemble des pays de l'Europe. Les avoirs extérieurs nets pourrait s'améliorer dans nombre de pays.  Cette dévaluation pourrait avoir un effet positif sur le commerce entre les différents membres de la zone FCFA.

Les points positifs de cette dévaluation, comme l’accélération des rythmes de croissances, seront à mettre sur le compte d’une embellie internationale avec la restauration conjoncturelle des prix de certains produits agricoles  comme le café, le cacao, le coton ou encore le thé. 

On déchantera une décennie plus tard, comme ce fut le cas en 2004 (10 ans après la dévaluation à 50% de 1994). En effet, plusieurs économies vont retomber avec la chute des taux de croissance qui plomberont surtout les exportations. Les difficultés de ces dernières, comme l’indiquait déjà l’analyste Demba Moussa Dembélé, tiendraient de nouveau aux iniquités qui structurent le système commercial international.

« Ainsi, les subventions agricoles massives octroyées par les pays industrialisés provoqueront un dumping fort défavorable aux productions du continent africain. Par exemple, entre 1997 et 2001, le pouvoir d’achat des exportations africaines avait baissé de 53 % par rapport aux biens manufacturés importés ».

Un coup d'oeil sur le rétroviseur nous révèle que sur le plan économique, « la dévaluation eut comme conséquence immédiate le doublement de l’encours de la dette exprimée en francs CFA. Malgré les rééchelonnements obtenus – qui ne font que différer la charge et non l’éliminer –, le fardeau s’est alourdi depuis la dévaluation. La Banque mondiale est devenue la principale créancière de la plupart des pays de la zone franc, dépassant même la France, ancienne puissance coloniale. 

A partir de 1995, la capacité d’action des États s’était donc progressivement affaiblie, de même que la crédibilité, voire la légitimité, des institutions publiques. Ce qui a obligatoirement eu des effets sur le plan social.

Dans ce domaine, l’essentiel des mesures prévues par les tenants de la dévaluation d'alors ont tendu à atténuer la hausse des prix des produits de première nécessité à coups de subventions, accroître l'emploi grâce à une accélération des programmes nécessiteux en main d'œuvre, et à renforcer l'action des gouvernements dans la santé et l'éducation. 

Malgré leur importance et leur pertinence, ces mesures sociales ont peu réduit la perte importante du pouvoir d'achat (40 % en moyenne) de la plus grande partie de la population qui s’y est résignée et adaptée. 

En gros, la dévaluation du franc CFA prévu dans les jours à venir va fragiliser les économies africaines et les rendra encore plus dépendantes de l’extérieur. Les pays à la monnaie « dévaluée » en seront réduits à opérer dans l’exportation de produits primaires, dominées par les cultures de rente et les produits miniers non transformés.

En conclusion, comme l’indiquent l’ensemble des analystes, est que cette dévaluation contribuera largement à  hypothéqué le développement du secteur manufacturier de la zone CFA, déjà victime la fois de la chute de la demande intérieure et d’une concurrence extérieure déloyale. « Ce qui a précipitera beaucoup d’industries encore fragiles dans le secteur informel, où la précarité des emplois et des revenus est grande, contribuant ainsi à fragiliser davantage la société africaine ».

Thomas FAGBEMI

Dr en Economie de Développement

Paris, France

http://www.lesinfoplus.com

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