LES INTRANTS AGRICOLES BRADÉS PAR LES PAYSANS EN COMPLICITÉ AVEC CERTAINS TECHNICIENS D’ENCADREMENT.

Le cri d’alarme a été sonné par le jeune Maire de Banikoara qui a rappelé à l’ordre les responsables d’encadrement de sa commune. Elargie à l’ensemble du territoire national, la crise dans le secteur primaire principalement dans le sous-secteur agricole trouve ses racines dans la filière

Le mercredi 22 juin dernier, Tamou Bio Sarako, le jeune et ambitieux Maire de la commune de Banikoara n’a pas eu froid aux yeux pour dénoncer les dérives dont se rendent coupables certains Conseiller en Production Végétale chargés de l’encadrement sur son territoire de commandement. Vingt-quatre heures plus tard, il a réitéré ses accusations devant le conseil municipal réuni en session ordinaire, la deuxième de l’année. En effet, c’est devenu un secret de polichinelle que dans cette commune comme dans plusieurs autres, bastion de la production cotonnière au Benin, les responsables en production végétale se rendraient complices du bradage des intrants agricoles.

Ce sont de vils comportements qui compromettent dangereusement les rendements en fin de saison. Une mauvaise pratique qui appauvrit non seulement les agriculteurs mais aussi les caisses de la république. Le coton demeure la culture locomotive de l’agriculture béninoise avec près de 80 pour cent des recettes d’exportation. Le bradage des intrants agricoles constitue le véritable mal dont souffre la production cotonnière au Bénin.

Mais en dehors de l’ignorance des cultivateurs et de la complicité des agents de développement rural, c’est bien la mesquinerie de certains cadres qu’on devrait dénoncer. Ces messieurs tapis dans l’ombre inciteraient leurs frères paysans à brader les intrants afin de plomber les résultats de la campagne cotonnière en cours. C’est ainsi malheureusement, et lorsque la policarderie politicienne plonge son nez puant dans la politique agricole d’un pays, comme depuis trop longtemps, elle l’est au Benin, le rendement est vite étranglé.

Une petite investigation dans les champs et les marchés de l’or blanc montre l’ampleur de la gangrène. Il y a des marchands véreux qui ne font même pas du tout de culture du coton mais se font passer pour de producteurs et prennent des intrants de coton juste pour aller les brader. De ce fait les vrais producteurs de coton n’arrivent pas à jouir véritablement du fruit de leur labeur, faute de disponibilité d’intrants. Par ailleurs, les pauvres paysans, démunis de moyens financiers pour couvrir les charges liées à la production se livrent dangereusement aux usuriers ou simplement bradent sur le marché noir une partie de leurs intrants et semences pour assurer l’exploitation de leurs emblavures.

Sans doute non satisfaits des revenus qu’ils tirent du bradage des engrais, herbicides et insecticides, ces marchands sans vergogne vêtus du manteau d’acteur de la filière (pseudo-producteurs ; agents d’encadrements…) ces sangsues de la production cotonnière semblent se nourrir également du deal des semences comme palliatif. Il est même constaté que certains des responsables de groupements villageois et de développement rural n’hésitent pas à détourner la totalité du stock de semences pour les revendre dans des marchés parallèles et au noir.

Si rien n’est fait, ce bradage des intrants en cours pourrait définitivement sonner le glas de la filière dominante de notre économie. Pire si on l’y ajoute le bradage des semences, c’est la mort sans résurrection de l’or blanc. Car à vouloir s’offrir le jack pot d’un seul coup, on finit par tuer la poule aux œufs d’o

En solution, le chroniqueur propose la prise en compte des semences dans un fichier de suivi de consommation d’intrants par producteur tout en tenant compte des prévisions d’emblavures. Ensuite, œuvrer pour agir sur une meilleure motivation des encadreurs, confrontés souvent à la non disponibilité des frais de carburant pour leurs moyens de déplacement. Enfin, la mise ne place d’un contrôle plus efficace par le déploiement des contractuels de l’AIC sur les terrains de production pour accroitre le suivi régulier et convenable de la filière. Cette trilogie de solutions doit être consolidée par l’octroi de crédit d’exploitation à taux quasi-nul aux paysans pour éviter que le serpent cotonnier ne se morde la queue dans ce cycle infernal de pauvreté.

Le gouvernement de la Rupture dirigé par le magnat du coton pourrait inéluctablement apporter le salut de la relance de cette filière. D’ailleurs des prouesses sont déjà remarquées avec des signes rassurants à travers une succession d’actes déjà posés depuis la prise de pouvoir par Patrice Talon. Apres le paiement de la dette aux cotonculteurs et le rétablissement de l’AIC qui a commencé un travail en amont avec les producteurs, le président de la république a obtenu des égreneurs leur accord pour subventionner la filière à coups de plusieurs de dizaines de millions de francs cfa.

Le « agbon-non» national semble mieux maitriser les défis du secteur prépondérant de l’économie béninoise. Celui qui s’est fait surnommé « compétiteur-né » affiche à son compte, l’expérience nécessaire pour la mise en place à temps des intrants. Il devra surtout imposer un contrôle strict sur leur qualité tout en offrant en permanence un appui technique et financier efficace aux producteurs dans le besoin.

Richard ADODJEVO

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