Selon Barack Obama, l’Afrique est un continent « qui mérite plus d’attention »

Le site web du journal américain "The Atlantic" a publié vendredi le compte rendu de longs entretiens entre le journaliste Jeffrey Goldberg et Barack Obama, au sujet de sa politique étrangère. Tout y passe, depuis son célèbre discours du Caire, en passant par l'intervention en Libye, et jusqu'à la lutte contre l'État islamique. Mais qu'a dit le président américain sur l'Afrique ?

Ici on est bien loin des grands discours et des réactions officielles. The Obama Doctrine (La doctrine « Obama ») est le fruit de longues discussions entre un journaliste et un président, dans l’intimité d’un bureau ou de la cabine d’un avion. Là, Barack Obama a fait part de ses opinions et de ses convictions quant à la place des États-Unis dans le monde. Et si l’Afrique n’est pas au centre des préoccupations du président, elle occupe cependant une place conséquente dans ces discussions.

L’intervention en Libye ? Un « gros bordel »

Le principal regret de Barack Obama en ce qui concerne la politique américaine vis-à-vis du Moyen Orient est l’échec de l’intervention, en 2011, de la coalition internationale en Libye. Une opération qui « n’a pas marché » et dont a résulté, selon une expression employée en privé par Barack Obama, « un gros bordel ». En cause selon lui, le manque d’engagement des puissances européennes, et en particulier les errances de Nicolas Sarkozy et de David Cameron.

« C’est devenu une habitude pendant les dernières décennies. Dans ce genre de circonstances, les autres nous poussent à agir puis sont réticents à se mouiller. Je pensais que les Européens, au vu de leur proximité géographique avec la Libye, seraient plus impliqués dans le suivi de la situation. » Selon Barack Obama, à cette époque-là, le Premier ministre britannique, David Cameron, était « distrait par d’autres choses », tandis que Nicolas Sarkozy « voulait claironner ses succès dans la campagne aérienne », alors que toutes les défenses libyennes avaient déjà été détruites.

Le président des États-Unis en aura en tout cas tiré des leçons pour l’avenir :

Nous ne devons en aucun nous impliquer dans la gouvernance du Moyen-Orient ou l’Afrique du Nord. Ce serait une erreur fondamentale
Abou Bakr Al Baghdadi : ennemi numéro un

L’État Islamique a longtemps été sous-estimé par les services secrets américains. Pourtant aujourd’hui, même si Barack Obama ne considère pas qu’il représente une « menace directe » pour son pays, l’élimination de son calife, Abou Bakr Al Baghdadi, est l’un des objectif numéro un de l’appareil sécuritaire américain.

Qu’est-ce que Daesh, pour Barack Obama ? Un dangereux élément perturbateur, à l’image du Joker dans le film Batman-The Dark Knight Rises : « Il y a une scène au début du film dans laquelle les leaders des gangs de Gotham se rencontrent. Ce sont des bandits, mais ils respectent tout de même un certain ordre. Chacun a son territoire. Et puis le Joker arrive, et il met la ville à feu et à sang.

L’État islamique, c’est le Joker. Il a la capacité d’apporter le chaos dans toute la région. C’est pour cela que nous devons le combattre
Sur cette question de l’islam radical, le président pointe également la responsabilité de certains pays alliés des États-Unis, et en particulier celle de l’Arabie saoudite. Un pays à propos duquel il a parfois des remarques cinglantes : « On peut juger du succès d’une société à la manière dont elle traite ses femmes. »

Au Caire, il voulait « engager une discussion »

Sur la signification de son discours du Caire du 4 juin 2009, qui a fait date dans les relations des Etats-Unis avec le monde musulman, Barack Obama a voulu s’expliquer : « Mon argument était celui-ci : cessons de prétendre que la cause du problème du Moyen-Orient est Israël… Je voulais que mon discours soit le point de départ d’une discussion sur les réels problèmes auxquels certains pays musulmans font face : des problèmes de gouvernance, mais aussi le fait que certains courants de l’islam n’ont pas subi une réforme qui pourrait aider les croyants à adapter leur foi à la modernité. »

Au Rwanda, une intervention rapide aurait été possible

Quand on lui demande si, lors du génocide des Tutsis en 1994, il aurait envoyé des troupes au Rwanda, il répond : « Vu la vitesse à laquelle le génocide s’est déclenché, et la lenteur des procédures américaines, je comprends que nous n’ayons pas été assez rapides. Mais nous devons tirer des leçons de cela. Je pense que le cas du Rwanda est un exemple intéressant car il est possible qu’une intervention très rapide ait été suffisante ». Une situation qu’il oppose par exemple à celle que connaît la Syrie actuellement.

L’Afrique, un continent « qui mérite plus d’attention »

Barack Obama est clair. Pour lui, le continent du futur, c’est l’Asie. Pourtant selon ses mots, l’Afrique, comme l’Amérique du Sud, mérite plus que l’attention qu’on lui porte aujourd’hui . C’est là que « des jeunes gens se battent pour un avenir meilleur, pour la modernité, et pour l’éducation ».

« Ceux-là, dit-il, ne pensent pas à tuer des américains. Et si nous ne leur prêtons pas attention parce que nous sommes seulement concentrés sur ce qu’il y a de mauvais, alors nous risquons de rater le train. »

Laure Broulard

jeuneafrique.com

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