Voici pourquoi Bouhari bloque Talon

Cela fait plus de 10 semaines que le chantre de la Rupture/Nouveau départ préside aux destinées de son pays. Mais Patrice Talon peine à prendre ses marques pour un sprint sous régional voire régional qui le conduira vers ses homologues afin d’insuffler un nouveau dynamisme à la diplomatie béninoise.

 

Quand est-ce que le chef de l’Etat béninois ira saluer ses voisins de la sous-région ? Personne ne peut le dire. Même pas le Président « Agbonnon », c’est-à-dire le tout puissant, Patrice Talon. Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui lui manque. Le roi du coton, qui a beaucoup d’affaires dans la sous-région a bien des raisons de rencontrer ses homologues. Il doit leur dire sa vision de la coopération bilatérale et multilatérale ou sous régionale et régionale depuis qu’il est devenu le numéro Un des Béninois. D’ailleurs, ceux-ci savent très bien que le chantre de la Rupture nourrit pour son pays un ambitieux programme de diplomatie sous régionale, régionale et internationale.Certes, il n’a pas eu le temps de l’expliquer urbi et orbi lors du face-à-face historique qui l’a opposé à Lionel Zinsou au 2ème tour de la présidentielle de mars 2016. Mais le mardi 14 juin dernier, son ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci a levé un coin de voile sur le programme du chef de l’Etat. Devant le parterre des diplomates accrédités au Bénin, il a martelé entre autres, que le gouvernement va développer une diplomatie économique et culturelle (même si à la surprise de tous, le gouvernement vient de fermer nos ambassades dans 9 pays).C’est connu de tout le monde que le Bénin, en tant qu’Etat entrepôt et pays de transit a une économie fortement tributaire de ses voisins. Son port est celui des pays du Sahel et surtout du Nigeria. C’est pourquoi tous les prédécesseurs de Patrice Talon ont essayé de développer des relations particulières avec le géant voisin de l’Est, le Nigeria. Car, quand le Nigeria s’enrhume, le Bénin est automatiquement grippé.

Le calendrier de Muhammadu Buhari

Mais, depuis 10 semaines, les Béninois constatent que leur président « bien aimé » élu à plus de 65% des suffrages exprimés fait du surplace. A part une sortie à Lomé avant son investiture, une autre à Abidjan après son investiture pour le règlement de son différend avec son frère ennemi, Yayi Boni, une autre encore à Abuja dans un cadre multilatéral et une dernière à Dakar au sommet de la Cedeao, plus rien. Visiblement, Patrice Talon n’arrive pas à percer le secret de la diplomatie sous régionale et régionale. Quand bien même, il a une folle envie de la réchauffer par ces temps de morosité économique pour faire baisser les plaintes et les complaintes de ses compatriotes qui commencent par douter des capacités du Nouveau départ de leur tracer le boulevard de l’espérance.Alors, votre quotidien a cherché à comprendre la cause des hésitations voire de l’inaction de la diplomatie sous régionale, domaine réservé du Chef de l’Etat.

De nos investigations, il ressort que c’est l’agenda du président Nigérian Muhammadu Buhari qui est le souffre-douleur du Chef d’Etat béninois. Celui-ci, malgré toutes ses tentatives d’aller rencontrer son homologue nigérian, même avant sa prestation de serment, ont été vaines. Au motif que l’agenda du chef d’Etat de la première puissance économique de l’Afrique est trop chargé. Après son investiture, le président béninois s’est investi davantage pour qu’Abuja et Cotonou harmonisent leur calendrier sans succès. Aux dernières nouvelles, l’homme fort du Nigeria dont la santé est défaillante est en train de suivre les soins dans un grand hôpital en Europe. Le président Patrice Talon, soucieux de préserver ce qui reste de l’excellente relation entre son géant voisin de l’est et son pays, a choisi de subir les caprices calendaires de Muhammadu Buhari. Et ce, au corps défendant du premier citoyen du plus grand producteur de pétrole en Afrique. En clair, Patrice Talon tient à commencer sa tournée ouest-africaine par le Nigeria. Parce qu’il ne veut pas commettre un crime de lèse-majesté. Mais, jusqu’au moment où nous mettons sous presse, les deux Etats n’ont pas encore pu agender ce précieux rendez-vous. Abuja ne va certainement pas pardonner son « petit » voisin de l’ouest de lui préférer un quelconque autre Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) pour entamer sa randonnée dans la région. Patrice Talon qui est en train d’être initié aux réalités du pouvoir d’Etat en a grande conscience. C’est certainement pour cela qu’il continue de s’accrocher désespérément, tel un gecko, au calendrier de Muhammadu Buhari. Mais, jusqu’à quand?

Tokannou Viayinon

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