Assemblée nationale: Houngbédji retourne l’’ascenseur du K.-O à Yayi

Le candidat de l’opposition à la présidence de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, a battu, dans la nuit du 19 au 20 mai, son challenger de la mouvance, Komi Kountché, retournant ainsi l’’ascenseur du K.-O au chef de l’Etat, Boni Yayi plongé dans un « comma » artificiel.

 

Comme on dit au commissariat de Tampy, « les gars, une fois encore, vous avez fait du bon boulot. Brigadier, Me Adrien Houngbédji, mettez moi, Boni Yayi au youf. Ça lui apprendra » qu’un chef de l’Etat ne spolie pas, impunément ses populations de près de 200 milliards de francs Cfa (Icc-Services) au Bénin.

Le verdict est tombé à 00h 50 à Porto-Novo. Adrien Houngbédji a obtenu 42 voix contre 41 voix pour Komi Kountché. Certains diront que le score est serré. Il est vrai que la différence est d’une seule voix. Mais, il est aussi vrai qu’une seule voix parlementaire vaut 10 mille, 20 mille ou 30 mille voix populaires. En effet, le K.-O a préféré, cette fois-ci, l’opposition à la mouvance. Battu, en 2011 à la présidentielle par K.-O dont les secrets restent secrets, le porte flambeau de l’opposition prend sa revanche sur la mouvance au pouvoir.

Le sort de la non révision de la Constitution est ainsi scellé, au nom du peuple. Le président de la République, Boni Yayi, qui rêve de briguer un troisième mandat, peut déjà commencer à faire ses valises, étant donné qu'il perd, petit à petit, ses insupportables pouvoirs exorbitants. Ainsi, va la vie d’autant plus qu’aucun pouvoir n’est éternel !

En tout cas, le premier citoyen béninois, qui savoure la victoire de l’opposition, ne s’appelle pas Adrien Houngbédji, mais plutôt l’homme d’affaires, Patrice Talon. Il n’en demeure pas moins pour Salifou Issa, Candide Azannaï, Mathurin Nago, Séfou Fagbohoun, Nicéphore Soglo, Samuel Dossou, Adidjatou Mathys, Bruno Amoussou, Léhady Soglo, Kolawolé Idji et Lazare Sèhouéto qui se la coulent douce, depuis l’aube, avec whisky en lieu et place de Boni Yayi désespéré sur toute la linge.

Mais le travail n’est pas encore fini pour les opposants. Le plus dur commence ! Et, l’opposition n’a pas droit à l’erreur. En effet, c’est bon d’empêcher le président de la République d’avoir 50 députés révisionnistes. Et, c’est bon encore d’empêcher le chef de l’Etat de contrôler le parlement. Mais, c’est encore mieux d’empêcher Boni Yayi de placer son dauphin à la tête du Bénin.

En résumé, la clique à Adrien Houngbédji a démontré qu’elle fait la politique au Bénin avant l’arrivée de Boni Yayi du Togo. Mais, l’opposition est appelée à conquérir le pouvoir d’Etat en 2016 pour l’exercer pour le bonheur des millions de Béninois écartés du bien commun, au cours des dix dernières années, en dépit de la prospérité partagée promise au peuple abandonné dans la misère ambiante !

Aziz IMOROU
Journaliste Indépendant

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