La Fifa dans la politique au Bénin ???

 Fin de règne au Bénin, fin de règne à la Fifa. L’orgue planétaire en plein dans la politique béninoise.On la savait sans commandement fixe depuis la démission de son gourou emblématique, Joseph Blatter ; puis minée par la corruption, les délations, les manœuvres de couloir, des luttes de clans. A cette déliquescence s’ajoute la couleuvre inspirée depuis Cotonou. Ainsi donc la Fifa prend fait et cause pour un gouvernement face à une fédération nationale en l’occurrence la fédération béninoise de football, une toute première.

La trouvaille, c’est la mise en place programmée d’un comité dit de normalisation dont la mission est de procéder à de nouvelles élections à la Fédération béninoise de football (FBF). Comme si l’élection il y a moins de deux ans de l’actuel comité exécutif de la Fébéfoot n’a jamais existé. Une élection dont les résultats ont été rejetés une première fois par Ayatou sous prétexte que la majorité de 50% + 1 n’aurait pas été obtenue par la liste gagnante afin que la défaite du clan Anjorin ne soit définitivement consacré au deuxième vote.Le Bénin vient donc de mettre en consommation un nouveau brevet sur la planète foot en proie à un délitement sans précédent ; pour faire la peau à une fédération élue, il suffit au gouvernement de décréter en conseil des ministres le retrait d’un prétendu agrément. Les jeux de couloirs se chargent du reste. Les tourments de la FBF ne proviennent pas du fait que des experts de la Fifa annuellement commis pour auditer ses comptes aient décelé des fautes de gestion. Encore moins que la justice béninoise aurait engagé contre ses gestionnaires des poursuites pour des délits supposés ou réels. Tout ça parce que 5 membres sur 15 seraient mécontents du reste du comité exécutif. Rien que ça.

Rappelons que sous la mandature précédente, celle présidée par Anjorin Moucharaf, ce furent 12 membres sur les 15 qui avaient rédigé une démission collective avec ampliation au comité exécutif de la Fifa. A l’époque, les gars de Zurich n’avaient pas songé à la mise en place d’un comité dit de normalisation. Pas davantage de comité de normalisation lorsque le même Anjorin s’est retrouvé en prison dans le cadre d’une poursuite judiciaire pour des accusations de détournement de fonds destinés à l’équipe nationale. L’indépendance de la FBF de tout pouvoir de son pays fut-il politique ou judiciaire avait encore un sens à la Fifa. De la politique intérieure béninoise alors...Il est de notoriété publique que Augustin Ahouanvoébla, président de la FBF est un opposant irréductible au régime de Yayi. Son numéro 2 n’est rien d’autre que le frère du général Robert Gbian engagé dans une terrible guerre de leadership dans le nord Benin avec le président Yayi BONI en vue de la présidentielle de 2016. Mais le plus sulfureux, c’est lorsque deux émissaires de Issa Ayatou, président de la Caf se sont faits recevoir au palais de la présidence à Cotonou par le chef de l’Etat en personne à huit clos. Cerise sur le gâteau, de la présidence de la République, les deux émissaires en question ont pris directement la route de l’aéroport sans même faire leur au revoir au président de la FBF selon les usages dans le milieu, à moins que des raisons extra-foot les aient contraints à procéder ainsi. Ensuite le gouvernement lui-même ne se cache pas d’avoir envoyé des missions vers les instances faîtières du foot mondial aux frais de la princesse bien entendu. Pendant que les clubs manquaient de subventions et de soutien public le gouvernement Yayi s’offre de ressources publiques en vue de la déstabilisation d’une fédération. En jetant un coup d’œil sur l’agenda défini par la Fifa elle-même pour la sortie de crise à savoir avril 2016, il y a de quoi tomber à la renverse. Exactement au moment où Yayi devrait finir son mandat, avec, probablement, la fin du retrait d’agrément. Comment ne pas s’interroger sur les mobiles pour lesquels ce plan de sortie de crise n’est pas intervenu au cours des différentes rencontres au sommet de la Fifa puisque le retrait d’agrément remonte à plus de 8 mois auparavant ? Le plus hilarant dans l’affaire c’est lorsque la décision de mise en place du comité de normalisation évoque encore des élections à la FBF. Sachant bien que la crise actuelle est née au lendemain justement d’une élection. Une nouvelle consultation électorale ferait naître automatiquement un camp des vaincus contre celui des vainqueurs. Et si jamais, ce sont les mêmes qui gagnent...mais Yayi ne serait certainement plus là. A moins pour Zurich de présenter un candidat pour la présidentielle béninoise de 2016, afin de retirer à nouveau l’agrément au cas où...

Cette Fifa-là...

Arimi Choubadé

Source arimi.ilemi.net

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